
[ 29/11/2007 ]
Au retour d’une réunion débat à la Cité de l’Ill ce mercredi 28 novembre, c’est la perplexité qui est de mise tant cette rencontre a été fructueuse, troublante et à l’image de ce que sont les quartiers de Strasbourg aujourd’hui.
Une première surprise : une cinquantaine de personnes, des pères et des mères de familles, quelques enfants, des plus jeunes également sans oublier des habitants de la « vieille » Robertsau et de la Cité des Chasseurs.
C’est d’abord le sentiment de mise à l’écart et d’absence de respect qui est mis en avant. Des questions pertinentes, des interpellations de bon sens, un sentiment de collectif que l’on trouve plus rarement dans les quartiers du centre ville.
La demande respect et d’écoute sur les difficultés de la vie, sur les crispations nées de l’absence de dialogue avec l’adjoint de quartier, avec le bailleur, avec les institutions en général.
Une réalité de plus en plus ressentie de coupure voulue avec le reste de la Robertsau : le conseil de quartier pourtant commun n’est quasiment pas représenté par des habitants de la cité de l’Ill.
Une absence de lieux de rencontres, d’éducateurs professionnels, d’activités périscolaires accessibles, d’animation pour les enfants, d’actions de prévention pour les jeunes.
La nuit précédente, quelques voitures avaient brûlé, certainement pour montrer qu’il n’y a pas qu’à Villiers le Bel que les jeunes "peuvent faire".
Un sens des responsabilité et une lucidité à toute épreuve des parents présents sur les aléas de la vie, la situation difficile de leurs enfants, de la pauvreté et du chômage.
Le témoignage d’un médecin du quartier sur la santé de nombreux habitants, leur difficulté à joindre les deux bouts et donc à prendre soin de leur santé ; les futures franchises médicales qui allaient encore aggraver les inégalités et éloigner certain du système de santé.
L’absence chronique de lieu d’échange et d’écoute a fait de cette rencontre un moment d’interpellation, presque de défoulement. Les angoisses de tous les jours se retrouvent face à des murs : absence d’écoute, mépris affiché, ignorance des situations.
Le repli aujourd’hui, et peut être la rage demain, sont au bout de ce manque de dialogue !
Et pour finir, le cri d’un habitant. Entre le désespoir et la révolte.
Pas d’eau depuis 15 jours… et aucune réponse du propriétaire pourtant bailleur social !
La nécessité quotidienne d’éloigner les cafards du lit de son enfant !
L’humidité qui transpire les murs …les maladies respiratoires pointent leur nez !
Alors demain, le premier pas sera tout simplement le respect. La transformation écologique de Strasbourg n’aura de sens que s’il se donne comme impératif le dialogue et la prise en compte des réalités de nos concitoyens.
Le boulot ne manque pas tant nous sommes aujourd’hui éloignés de cette conception de l’action publique.
Alain Jund© Alain Jund 2008
le 07/12/2007 à 15h34 fannyetolivier a écrit :
Bravo Monsieur Jund pour cet article qui donne à voir et entendre ceux que l'on oublie trop souvent. Porter un projet d'égalité urbaine passera par un rattachement réel des quartiers à la ville et un respect de ses habitants à la mesure de ceux du centre ville.