[ 26/12/2007 ]
Denis Baupin, adjoint au maire de Paris chargé des Déplacements était Strasbourg ce jeudi 6 décembre. Une bonne trentaine de personnes se sont retrouvées pour débattre des enjeux des déplacements urbains pour l’avenir de la planète, sur les enjeux des transports collectifs dans la transformation d’une ville et de la place du vélo dans les politiques de mobilité d’une agglomération.
Certes beaucoup de convaincus dans la salle dont des responsables du CADR, de Piétons 67, de la CREP, mais dans le passage concret de la conviction à la mise en œuvre municipale, il y a un pas qu’il est urgent de franchir à Strasbourg.
Si effectivement notre ville avait en 2001 un vélo d’avance, nous avons, en 7 ans, pris un tandem de retard.
Pour chaque kilomètre de tram, nous avons eu droit à trois kilomètres de voies routières. Malgré les discours écologisants de Fabienne Keller (et même de Robert Grossmann), la réalité est tenace. La voiture a retrouvé toute sa place dans la ville.
Quant au vélo, il suffisait de participer à la ballade que nous a concocté Daniel Papail (un vert de Kehl qui connaît les pistes strasbourgeoises comme sa poche) pour déchanter.
Déchanter car l’image que donne Strasbourg (ou que veut donner le tandem municipal) comme référence nationale en matière de vélo se confronte à la réalité locale.
Déchanter, car comme l’affirmait Jean Chaumien, le président du CADR les « points meurtriers pour les cyclistes » se sont multipliés.
Déchanter car à la version officielle de l’augmentation du nombre de kilomètres de pistes cyclables se heurte la dangerosité pour les usagers quotidiens.
Et la liste est longue, très longue de ces passages à risques, où au gré d’une piste qui se retrouve sur la route, le cycliste se trouve face à la voiture.
Quelques exemples de ces situations qui pour certaines se rapprochent du surréalisme. A la différence que celui-ci ne présentait aucun danger pour quiconque.
Alors en route…. plutôt enfourchons le vélo pour quelques exemples.
Place du Corbeau, rue des Bouchers : le marché bihebdomadaire occupe allègrement la piste cyclable. Il est vrai qu’il ne faudrait pas trop gêner le passage des voitures,
Cour des Bœufs : un parking vélos quasi-clandestin. Aucune indication, aucune information sur le fonctionnement, les horaires d’ouverture.
Route du Polygone, ni piste, ni bande cyclable jusqu’à la rue de Mulhouse. Des coupures incessantes par les rues (la voiture reste prioritaire), une piste collée aux véhicules qui ouvrent leurs portières. Arrivée place du Marché…nous revoilà au milieu de la rue !
Boulevard Jean Jaurès : le bouquet digne de l’aménagement d’il y a 35 ans (Vous savez, sous la présidence de Georges Pompidou). Deux voies pour le tram (c’est bien le minimum), 8 voies pour les voitures (4 pour circuler et 4 pour se garer), 2 pistes cyclables de 75 cm et deux « bandes » pour les piétons de 75 cm chacune. La démonstration est arithmétique. Dans l’espace public de cette « avenue », la voiture reste omniprésente. Elle a été inaugurée il y a quelques mois… c’est tout dire sur la volonté du tandem municipal de développer les modes de transports collectifs et doux.
Et pour finir, Rond Point de l’Esplanade. L’innovation tient dans le nouveau panneau (blanc sur fond bleu) où cohabitent un cycliste et un piéton. L’espace qui leur est dévolu tient de la misère, alors les conflits d’usage sont presque naturels. Strasbourg n’a plus que ce panneau d’avance !
Abracadabrantesque, pour reprendre une formule célèbre. Mais cette magie est dangereuse.
La transformation écologique de Strasbourg passe par un changement radical des politiques de déplacement.
Notre objectif : qu’à l’issue du prochain mandat municipal, 20 % des déplacements dans la ville se fassent à vélo.
Alors en piste !
Nb : vous retrouverez l’ensemble des propositions des Verts pour une nouvelle politique du vélo à Strasbourg sur le site www.strasbourgenvert.fr
© Alain Jund 2008