
[ 02/01/2008 ]
Aujourd’hui 3 janvier, est inauguré, en grande pompe, la salle du Zénith.
Rêve de grandeur grossmannienne (il fallait passer le cap des 10.000 spectateurs potentiels), volonté de marquer son territoire, souhait d’apporter un plus dans l’offre culturelle strasbourgeoise ?
S’il est vrai que Strasbourg est depuis des années en manque de salle de spectacle, s’il est vrai que le Rhénus avait une acoustique des plus déplorables l’arrivée sur la scène locale de ce paquebot est aujourd’hui une réalité même si l’erreur qui a conduit à cette construction perdure.
Les questions, les interrogations nous soulevions lors de son élaborations restent d’actualité.
Alors, ne boudons pas de plaisir de rééditer, la lettre que j’avais envoyé au nom des Verts de Strasbourg au Commissaire enquêteur à l’occasion de l’enquête d’utilité publique de cet équipement.
Monsieur le Commissaire Enquêteur,
Dans le cadre de l’enquête publique menée pour la construction du Zénith sur le Commune d’Eckbolsheim et donc le territoire de la Communauté Urbaine de Strasbourg, nous vous faisons part de nos interrogations suivantes :
• La desserte .
Alors qu’une infrastructure comme le Zénith doit drainer un public nombreux et sur des fréquences régulières, aucune desserte en transport collectif n’est prévu .La station de tram la plus proche se trouve à près de 700 mètres. Compte tenu de la quantité du public et de son origine géographique, tous les spectateurs se verront contraints d’utiliser un véhicule automobile individuel. Certes… les voies routières seront doublées ; mais nous estimons que ce type d’équipement ne peut être conçu en terme desserte sur un site accessible en transport collectif public. Cela ne sera pas le cas lors de sa mise en service ni à moyen terme.
Les bouchons permanents, les gènes pour les riverains proches, les pollutions atmosphériques récurrents et l’extension des surfaces dédiées à la voiture automobile vont à l’encontre d’un développement durable du territoire. Les pouvoirs publics au plan national et international se sont pourtant fixés comme objectif une stagnation voire une diminution des besoins de déplacement.
• L’emplacement.
Construire, aujourd’hui, un équipement avec cette vocation d’agglomération sur des terres agricoles en gelant 30 hectares de terrains relève d’une politique dépassée. Cette situation contribue à poursuivre l’étalement urbain et la consommation d’espace alors que tous les documents publics d’urbanisme et d’aménagement incitent et demandent de freiner le développement sans fin des surfaces urbanisées. Le SCOTERS, adopté récemment, recommande fortement aux collectivités de réduire l’extension urbaine et de se focaliser plus particulièrement sur les zones desservies en transport collectif et de donner une priorité aux secteurs urbains non encore construits. C’est en maîtrisant la consommation d’espace que nous construirons un avenir responsable et équilibré de l’agglomération.
• L’utilité « culturelle » du projet.
Il est de notoriété publique qu’une salle de 10.000 places sera peu utilisée. Les études les plus optimistes prévoient moins de 10 utilisations annuelles en capacité maximale. Cet équipement est surdimensionné compte tenu de la zone d’attractivité.
Investir 42 millions d’euros pour un équipement de ce taille est difficilement acceptable au regard de son utilité sociale et culturelle pour l’agglomération. Cet « investissement » pour un seul équipement va nécessairement assécher les aides publiques et donc les moyens de la totalité des réseaux culturels de l’agglomération. Certes des équipements culturels de qualité et à bonne dimension contribuent à une politique culturelle d’agglomération. Elle sera sans effet si les actions, certes moins spectaculaires, mais ancrées dans la proximité, dans la durée, et dans les quartiers, pourront se développer. Le gigantisme, souvent inutile, va à l’encontre d’une réelle politique culturelle pour tous les habitants de la cité
• Les dégâts environnementaux
Au-delà du « changement d’affectation » de 30 hectares de terres agricoles, le projet de Zénith, tel que prévu, augmente la circulation automobile (avec les effets connus en terme de santé publique). L’emplacement du Zénith et ses annexes impacte sur des zones d’espaces protégées Il va à l’encontre d’une politique de protection des espaces naturels. Il touche une zone protégée, notamment, au titre du grand hamster. Au regard de la législation européenne en cours, la protection du grand hamster est incompatible avec l’emplacement prévu.
Pour les Verts et conformément aux documents d’aménagement adoptées sur la Région de Strasbourg, les projets structurants sur l’agglomération doivent :
Le projet du Zénith, sur un concept culturel dépassé, ne nous paraît pas répondre à ces exigences de développeme,nt durable du territoire.
Nous vous prions, Monsieur le Commissaire Enquêteur, de prendre ces éléments en compte dans le cadre de vos travaux et attendons, de votre part, des éclaircissements et des réponses à nos interrogations.
Alain JUND© Alain Jund 2008
le 03/01/2008 à 17h28 pavel.gastanov a écrit :
Combien aura coûté ce projet inutile, combien coûte la soirée d'inauguration ? Le clinquant ici, les réductions de subventions aux assos ensuite. Merci de dénoncer ces abus et bonne chance pour votre campagne