
[ 13/01/2008 ]
Animant depuis sa création le Réseau Alsace sans OGM, je ne peux que me réjouir de la décision de la France de déclencher la procédure de suspension de la culture du maïs OGM.
Voilà quelques années qu'avec de nombreuses associations locales et régionales (Greenpeace, Agriculture bio-dynamique, Confédération Syndicale des Familles, Confédération Paysanne....) nous avons informé la population, interpellé les élus locaux autour de plusieurs exigences fondées sur le principe de précaution:
pas d’OGM en plein champs,
incompatibilté entre OGM et agriculture biologique,
nécessité de mener des études poussées sur les effets des organismes génétiquement modifiés,
méfaits des OGM sur la santé et sur la diversité des espèces à long terme,
principe de pollueur payeur appliqué aux industriels fabriquant et utilisant les OGM,
débat public et démocratique sur un sujet qui concerne tous les citoyens.
Nous avions collecté plus de 7000 signatures que nous avions déposé, en décembre 2006, auprès d'Adrien Zeller, demandé des comptes aux parlementaires, sollicité des maires pour suivre l'exemple de Jacques Muller (Maire de Watwiller) qui avait interdit les cultures OGM sur sa commune.
Notre bataille n'a pas été vaine, car dans sa très grande majorité les habitants de cette région (comme du reste du pays) sont foncièrement opposés aux Organismes Génétiquement Modifiés en plein champ.
Mais comme l'affirme Gérard Onesta, Vice Président du Parlement Européen, dans le communiqué ci-joint, nous ne sommes pas encore au bout de nos peines.
Cette première victoire nous contraint à la vigilance
Alain JundCommentant la décision de la France de déclencher la procédure de suspension de la culture du maïs OGM Mon810, par l’engagement de la « clause de sauvegarde » auprès de l’Union européenne ; Gérard Onesta, député Vert européen et vice-président du Parlement européen a estimé que :
"Distances de protection fantaisistes, pollutions d’autres génomes, empoisonnement d’organismes non ciblés... cela fait des années que des scientifiques de renom sont aux côtés des écologistes pour exposer - notamment dans les prétoires - les risques masqués des OGM.
L’activation de la “Clause de sauvegarde” par le Gouvernement français pour bloquer la diffusion du maïs MON 810 vient donc tard, mais elle ne peut que satisfaire les Verts européens comme l’immense majorité de nos concitoyens qui ne supportaient plus que des multinationales jouent impunément avec le respect du vivant, la santé des populations, et les droits d’une agriculture non transgénique.
Il faut être conscient que la démarche de la France, confrontée à l’évidence scientifique, marque un tournant fondamental dans ce dossier. Elle vient en effet conforter celles d’autres États Membres qui ont, eux aussi, déjà interpellé Bruxelles sur les dangers des OGM. Il faut maintenant qu’au delà de la révélation - enfin officielle - des risques, tous ces pays se coordonnent pour écarter définitivement le danger OGM en dégageant le cas échéant les majorités requises au Conseil, mais aussi pour remettre à plat une législation que les Verts européens ont toujours jugé inadaptée.
Rappelons que la France, condamnée dès juillet 2004 par la Cour de Justice européenne, n’a même pas encore transposé la directive de 2001 en la matière et que, de fait, tous les champs OGM en France sont illégaux. Suite à la reconnaissance gouvernementale des risques, on peut désormais envisager la révision des procès de toutes les personnes qui se sont opposées à la culture de tels maïs. Les délinquants n’étaient pas ceux que l’on croyaient ..."
© Alain Jund 2008