[ 01/03/2008 ]
(Sélection d'articles parus sur le site des DNA en 2020*)
Strasbourg : avril 2020. Elus pour la première fois à la tête de la Ville en 2008, les Verts, entament leur troisième mandat à Mairie. Leur bilan est impressionnant. En 18 ans, ils ont réussi à transformer Strasbourg, à l'inscrire dans le peloton de tête des villes vertes, grâce à une série de politiques pilotes toujours menées en concertation avec les Strasbourgeois. La plupart de ces programmes ont modifié profondément les manières de vivre "ensemble" des Strasbourgeois et transformé la physionomie de Strasbourg citée en exemple dans toute l'Europe pour avoir su, à temps, anticiper sur les nouveaux modes de vie induits par l'urgence écologique et l'impératif de nouvelles solidarités. La transformation écologique de la ville rendue nécessaire par les enjeux planétaires n'a pu porter ses fruits qu'au bout de plusieurs années.
L'action locale d'une municipalité n'est certes pas en capacité de changer à elle seule la destinée de la planète, mais la volonté politique locale à permis d'améliorer les conditions de vie des strasbourgeois tout en limitant les dérèglements climatiques qui se généralisent sur la terre.
On trouvera ci-dessous une sélection de chroniques parues sur le site des DNA* au cours des douze derniers mois.
*Depuis 2016, les DNA n'ont plus qu'une édition papier hebdomadaire
Zone piétonne, vélos, tram, bus et desserte locale : telle est désormais la règle pour les déplacements dans la ville. Depuis la place de la Gare, jusqu'à l'Etoile, de la faculté de médecine à l'avenue de la Forêt Noire, Strasbourg est devenue une vaste zone sans voiture. La route de Schirmeck dont le chantier s'achève le 2 avril, accroît encore ce périmètre sans voiture, qui, à terme, doit englober Neudorf, la Meinau et Cronenbourg.
Ce n'est effectivement pas seulement le centre de la ville qui "bénéficie" de cette nouvelle manière de "vivre la ville" mais bien, progressivement, tous les quartiers de la ville.
Ce choix était indispensable à la fois pour limiter la consommation d'énergie fossile mais aussi la pollution de l'air qui dépassait régulièrement la cote d'alerte mettant en danger la santé des Strasbourgeois. En 2006, un rapport du professeur Belpomme (le bien nommé) rappelait que 80 % des cancers étaient directement liés à des problèmes environnementaux au premier rang desquels les pollutions atmosphériques (particules fines)
Les Strasbourgeois se sont d'ailleurs fort bien accommodés de leurs nouveaux modes de déplacement qui ont aussi induit une nouvelle manière de vivre ensemble.
Moins de 25 % des ménages strasbourgeois possèdent une voiture. Certes elle n'est pas encore devenue inutile mais le prix du pétrole et les modes de déplacements alternatifs et collectifs sont devenus performants, attractifs et confortables.
Il y a un réel plaisir à arpenter les quais des Bâteliers ou des Pêcheurs, prendre la route du Polygone à vélo ou plus simplement rejoindre l'école Saint Jean avec une poussette.
Jadis occupé à 85% par les voitures, l'espace public, a été reconquis et traité de manière à multiplier des aires de rencontres et de convivialité, des points services.
C'est un plaisir pour les habitants d'occuper ce nouvel espace qui leur est dédié, c'est un plaisir de discuter, se déplacer, voire cohébiter les enfants et les personnes âgées.
Même les bruissements de la ville sont apaisés !
Immédiatement après leur élection, en avril 2008, les Verts avaient donné le coup d'envoi à la création de l'Eco quartier Danube. Ce geste symbolique fort inaugurait un nouveau mode de gestion municipal associant développement écologique et social.
Dans la foulée, dix nouveaux Eco quartiers ont été créés entre 2008 et 2015. Rappelons ici les principes fondateurs des Eco-Quartiers.
Ils sont économes en énergie les ressources fossiles de la terre s'épuisent de jour en jour
Ils sont économes en espaces car la biodiversité impose des espaces naturels maintenus et diversifiés
Ils assurent une vraie gestion des déchets (retraitement, réutilisation) et une gestion exemplaire de l'eau devenue rare
Ils favorisent la mixité sociale entre le logement social et l'accession à la propriété et la diversité des usages (habitat, commerce, services..
Ils avantagent les modes de déplacements doux et collectifs par la proximité des transports collectifs, une place restreinte à la voiture et des espaces dédiés aux piétons et aux vélos.
Dans tous ces quartiers, les habitants et futurs habitants ont été associés à la conception et mise en œuvre du projet. Appliqués avec succès à l'échelle des eco-quartiers, ces principes de gestion ont été étendus depuis à plusieurs autres secteurs de la cité (de la Meinau à l'Elsau en passant par la cité de l'Ill), soit environ 50% du territoire. Ils doivent à terme, dans une vingtaine d'années, concerner l'ensemble de la ville.
La transformation est d'ores et déjà sensible. L'étalement urbain autour de l'agglomération a été stoppée, les lieux de travail et d'habitation se rapprochent, les "déplacements pendulaires", en forte augmentation pendant les 30 glorieuses, sont maintenant en diminution.
Sous l'impulsion des Verts, la gestion administrative des territoires a connu une évolution spectaculaire depuis 2010.
De ville frontière adossée au Rhin, Strasbourg est devenue une véritable ville d'Europe dans son espace et ses modes de vie.
Il y a quatre ans, un vote au Parlement Européen donnait la possibilité aux collectivités qui le souhaitaient de créer des Communautés Urbaines Transfrontalières avec des conseillers élus au suffrage universel direct.
Les élus strasbourgeois et leurs homologues allemands ont été les premiers à saisir cette nouvelle opportunité et à la mettre en œuvre au sein de la Communauté urbaine de Strasbourg-Ortenau (CUSO). Sous les projecteurs de la presse internationale, les premières élections transfrontalières ont eu lieu le 12 juin 2018. Elles furent l'occasion de grandes fêtes populaires, illustrant pour une fois, l' Europe au quotidien, l'Europe des citoyens Et c'est une jeune femme de 36 ans, élue verte d'Offenburg, qui a été élue première présidente de la CUSO.
Elle ne pourra faire que deux mandats successifs, mais 12 ans pour construire cette Communauté de destin constitue certainement une étape suffisante.
Les étrangers venant des pays extérieurs de l'Union Européenne votent aux élections locales depuis 2012.
Depuis la création de la CUSO, la frontière sur le Rhin qui s'était déjà bien estompée, n'est plus qu'un lointain souvenir. Le tram arrive à Offenbourg et la vie de l'agglomération s'articule autour d'un centre administratif situé au Port du Rhin. Les lycéens rejoignent leurs établissements tantôt d'un côté ou de l'autre du Rhin. Quand les Kehlois fréquentent l'hôpital de Hautepierre, les strasbourgeois utilisent quotidiennement les infrastructures sportives d'Offenbourg.
Ce dimanche 5 juillet, une nouvelle exploitation agricole bio a été l'occasion d'une fête à Handschuheim.
Ce sont désormais plus de 500 hectares qui sont dédiés à l'agriculture biologique autour de Strasbourg.
Les champs de maïs font, petit à petit, partie de l'histoire. Après des années de face à face, les Organismes Génétiquement Modifiés et utilisés en plein champ ont été définitivement interdits dans toute l'Europe.
Mais cette réussite de l'agriculture biologique a été rendue possible par l'explosion de la demande des consommateurs.
Ce sont d'abord les particuliers, mais c'est surtout la restauration collective qui a permis cette "éclosion".
Elle concerne aujourd'hui 7000 repas dans les cantines, 3000 dans les crèches, 8000 dans les collèges et les lycées, 4000 dans les maisons de retraite.
Dans la restauration collective, le bio est devenu la règle (il est loin le temps où à Illkirch les élus Verts étaient obligés de se battre pour convaincre fin de mettre en place les 600 repas bio en 2004)
Et cette alimentation bio, aujourd'hui plébiscitée car saine et bon marché répond à plusieurs impératifs
C'est un enjeu de santé publique pour toute la population (et encore plus pour les enfants et les personnes âgées) quand on sait que la France était en 2007 le 1° consommateur européen de pesticide,
C'est un enjeu d'égalité urbaine car cela concerne tous les enfants et jeunes de tous les quartiers ; le bio ne peut pas être quelque chose de "réservé" aux plus riches et destinés aux habitants de certains quartiers car ils peuvent "l'acheter",
C'est un enjeu pour l'environnement car l'absence de pesticide bénéficie à notre nappe phréatique. La qualité de l'eau et sa rareté nous impose non de traiter l'eau mais d'éviter de la polluer.
C'est un enjeu pour l'emploi car l'agriculture bio est génératrice d'emplois bien plus que l'agriculture intensive. Dès 2003, les Jardins de la Montagne Verte avaient montré la voie en alliant emploi et insertion.
L'agriculture bio est enfin un gain pour la planète car en cultivant "juste à côté" on évite de longs trajets en camions pour des fruits et légumes qui, traités pour durer, n'avaient que peu de goût.
En 18 ans, la demande de logements auprès des organismes HLM a chuté. En 2008, 17000 familles étaient inscrites sur les listes de demande de logement auprès des organismes HLM de la CUS, ils sont aujourd'hui moins de 4000. C'est certes 4000 de trop, mais que de chemin parcouru.
Les programmes volontaristes de construction de nouveaux ensembles et de rénovation de l'habitat social menés par l'équipe Verte au pouvoir, ont à la fois permis de répondre à la demande, et surtout de revaloriser des quartiers longtemps laissés pour compte.
Signe de la pertinence des choix : "les demandes de logements pour les quartiers de Cronenbourg, du Neuhof et de l'Elsau sont en augmentation" comme le soulignait hier, lors d'une visite sur le terrain, l'adjoint chargé du logement et de l'urbanisme affirmant que, "Pour notre équipe c'est un signe encourageant car cela signifie que longtemps négligés , ces quartiers populaires, grâce aux travaux de réaménagement dont ils ont été l'objet (requalification des espaces publics, réseaux de transports, nouveaux programmes mixtes de logements et de commerce, jardins ouvriers et espaces verts, etc…) sont redevenus des quartiers attractifs où il fait bon vivre. Et de ce seul fait, ils élargissent sensiblement le périmètre de la ville dont ils redeviennent partie intégrante".
L'adjoint tient cependant à rester prudent; selon lui il est trop tôt pour pavoiser, car l'équilibre entre le centre et les quartiers reste encore fragile. Mais "nous revenons de loin", lance-t-il aux anciens qui ne se font pas prier pour raconter des anecdotes du temps où leurs quartiers étaient mal famés.
Il est clair que la règle de l'égalité urbaine appliquée à la ville de Strasbourg dès le premier mandat des Verts, a porté ses fruits. Que la qualité des constructions, (espaces privés et collectifs, isolations thermiques et phoniques,etc.), la qualité des espaces extérieurs attestée par tous, le retour à la mixité sociale, les nouvelles formes de transports collectifs mis en œuvre, ont profondément transformé la physionomie de ces quartiers. C'était une priorité a souligné l'adjoint en citant un vieil adage des Verts "Car chacun doit pouvoir choisir : avoir le droit de partir ou l'envie de rester !"
En 2020, la ville de Strasbourg a rejoint le club encore très fermé, des villes à énergie positive.
Elle produit plus d'énergie qu'elle en consomme ! Ce fut un dur challenge, remporté grâce à une détermination sans faille de l'équipe municipale gérée par les Verts et largement soutenue par les Strasbourgeois. Le programme drastique d'isolation des bâtiments publics a été mené à bien, des milliers de m2 de panneaux solaires (3000 par an) ont été installés sur les bâtiments publics, sur les immeubles sociaux ou privés, les chaufferies bois sont devenues la règle pour les bâtiments publics et les ensembles de logements collectifs.
L'Agence Locale de Maîtrise de l'Energie est devenue une formidable ruche de projets, d'idées, de débat et plus généralement d'information sur les aides financières possibles.
La Ville de Strasbourg, dès 2009, a lancé un grand emprunt pour soutenir les politiques d'isolation énergétique dans les logements sociaux, les immeubles privés et les bâtiments publics.
Depuis la réalisation du cadastre énergétique en 2009, il aura quand même fallu 11 ans pour y arriver à cette "ville à énergie positive". Le cadastre énergétique a permis, immeuble par immeuble, de mesurer les pertes énergétiques et donc d'établir des priorités pour agir sur toute la ville.
Aujourd'hui la ville produit plus qu'elle ne consomme ; elle peut donc vendre. Mais est il opportun de le faire?
Après un vaste débat certes difficile (certains souhaitaient recueillir quelques bénéfices substantiels, d'autres voulaient réinvestir...), le conseil municipal a tranché.
Dans le cadre d'un dialogue nord-sud plus équilibré, et dans un geste de solidarité inouï Strasbourg a décidé d'approvisionner la Ville de Mulhouse et les mulhousiens.
En effet, Jean Marie Bockel, omnibulé et aveuglé par l'avenir sans faille de l'énergie nucléaire n'avait pas pris les devants quand, après le 32e incident majeur, la centrale nucléaire de Fessenheim a été fermée en 2010 ! Alors que Strasbourg avait engagé le processus afin de devenir une ville à énergie positive, Mulhouse continuait sur une voie des plus "classiques".
Les éco-filières créent leur 8000eme emploi sur l'agglomération. La recherche sur les énergies et les matériaux isolants, la production de panneaux solaires, la fabrication massive de matériaux de construction écologiques ont permis la création et le développement de véritables filières écologiques. Strasbourg organise depuis 10 ans, une biennale européenne de l'habitat écologique.
L'immeuble de la CUS de la Place de l'Etoile construit selon les normes des années 60 est démantelé. Il est remplacé par des immeubles réunissant 500 logements. Le siège de la C.U.S.O. se trouve désormais à proximité du Jardin des Deux Rives qui est devenu le centre névralgique de l'agglomération transfrontalière
La fermeture du site du Rohrschollen . Après des années de fonctionnement et des investissements importants, l'usine d'incinération est démantelée. La gestion des déchets à la source, le tri sélectif sur l'ensemble de l'agglomération, la réutilisation de la très grande partie des déchets dans la production (engrais, fibres, matériaux de construction et d'isolation…), la méthanisation mais également l'investissement des citoyens permettent cette évolution
© Alain Jund 2008
le 01/03/2008 à 16h37 Federmann Georges Yoram a écrit :
Alain, Félicitation pour la qualité du programme et du site. La réunion de ce matin a été très stimulante. Je suggère un appel à l' Ordre des Médecins "pour rendre inutile Médecins du Monde" en 10 ans. Je suggère aussi bien que de se projeter dans l'avenir ,de ne pas négliger le passé récent et donc de rappeler ,concernant l' hôpital civil que le professeur Leriche (voir pavillon éponyme) a été le premier présidentdu Conseil Supérieur de l' Ordre créé par Vichy (40 à 43) Je te livre aussi un petit C R de la rencontre d'hier à Cronenbourg. Fidèlement Georges Yoram La rencontre à l' Aquarium a été très fructueuse. Nous étions une 20 aine. Les strasbourgeois vivant à Cronenbourg ont saisi d'emblée ce que pourra signifier la déclinaison de notre projet " d'inversion du sens de la marche du tram". Ils se sentent bien seul et isolé. Le projet d'installation de l'hôpital psychiatrique de Hoerdt à Cronenbourg les préoccupe. Cela créera de l'emploi leur dit-on mail ils sont perplexe et attendraient plutôt la (re)création d'infrastructures commerciales,culturelles et médico-sociales,car ils sentent bien que l'on quitte la cité dès que l'on peut. Ils aspirent à ce que les commissions d'attribution des logements sociaux se fassent de manière plus démocratique et transparente. Ils espèrent un nivellement par le haut de la valeur de leur collège. Qu'est-ce qui pourrait donner envie de rester à Cronenbourg? Les adolescents présents ont exprimé leur vitalité mais aussi leur découragement de n'avoir comme moyen d'expression pour être visible (et non pas entendu)que la radicalité et le manichéisme indépassables!!! Qu'attend -on pour entendre cela sans condamner ni stigmatiser ces codes d'expression socio-politique autonome mais pas hostile? Nous avons bcp insisté sur l'intérêt de financer les associations sur toute la durée de la mandature pour avoir le courage de créer un contre-pouvoir riche,vivant et actif. Nous avons évoqué la tristesse et la fatalité de n'avoir comme horizon que ces zones industrielles et commerciales qui cannibalisent "notre pouvoir d'achat" de plus en plus rétréci et avons évoqué "le vouloir d'achat" Nous avons condamné l'usage de la vidéo-surveillance et abordé les questions sociales de l'accès aux soins. Nous avons rappelé qu'un de nos buts était de rendre inutile Médecins du Monde en 2 mandatures. Nou savons prêté l'oreille très fort à l'expression d'une peur inhabituellement exprimée:celle de ne pas pouvoir faire soigner ses DENTS honorablement pour conserver une dignité et une honorabilité à cause des coûts souvent inaccessible pour des revenus limités aux minima sociaux. L' assemblée a été touchée et honorée de la présence d 'Antoine Michon;rédacteur du Pumpernickel de Wissembourg,qui a mis à la disposition son savoir-faire pour lancer un petit frère à Cronenbourg. Marie-Françoise Janot s'était excusée. A noter la présence de Mr Waeles candidat aux cantonales . Prochaine rencontre des périphériques ,en avril à la Meinau à laquelle nous convierons les cronenbourgeois. Nous sommes invités au couscous de l' aquarium samedi 8 mars prochain pour "la journée de la femme" G-Y Federmann